Un jour, on m'a mise sous morphine.

J'me suis réveillée, j'étais la Grande Prêtresse de la Loose.
Allez savoir. Les infirmières m'ont dit que j'avais récité du Mallarmé pendant ma semi-conscience. J'les crois.
Depuis, j'assume la Loose.

La Loose, c'est tout un concept, c'est une religion. Elle rassemble un petit groupe d'adeptes convaincus, les Loosers (pas pareil que "losers", note bien : ceux-là, il y en a plein et ils sont pas spéculatifs pour un sou). Des spécimens bien représentatifs, il y en a plein mes liens, mais les cas vraiment pathologiques restent Kojiro, Mage et Porcupine. Parce que la Loose, c'est en particulier la Loose de la prépa, contre laquelle le seul remède est le rire, le rire en perfusion.

L'Eglise de la Loose est un théâtre, le Petit Théâtre de la Loose. Il a été créé par la Divinité Suprême et Sublime du Cynisme et de la Loose : Goretta. C'est pourquoi nous lui rendons grâces chaque matin en nous levant et lui offrons de sanglants sacrifices. A chaque fois que nous pastichons le genre révolutionnaire qu'elle a créé, nous nous roulons à ses genoux avec des tremblements d'extase. Moi, son humble serviteuse, je lui lèche les pieds avec application, pour les siècles des siècles et la Loose de la Loose.